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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 21:54

 

 

 

0179

La reconstitution, en modèle de l'amirauté, du vaisseau de 74 canons, nommé "Le NORTHUMBERLAND", est un travail de longue haleine.

  On observera, dans la chronologie des photos, les  étapes consistant à reproduire, à l'échelle du 1/40ème, les différentes pièces de charpente de ce vaisseau.


Le poirier, l'ébène et le buis sont les essences qui ont été utilisées ici à la place du chêne couramment employé dans la construction navale à l'époque.

Il semble important ici de donner quelques précisions historiques dont il est nécessaire de s'imprégner car chaque détail de construction est reproduit dans le contexte du XVIII siècle.

On est en 1780 : c'est la guerre d'Amérique, et l'on sait, depuis un siècle, construire des navires de guerre, mais chaque ingénieur-constructeur emploie ses propres méthodes. Le lancement de chaque vaisseau reste alors une inconnue quant à sa tenue sur la mer. Parmi les constructions de l'époque, on a remarqué la bonne tenue de l'ANNIBAL, dont les plans ont été élaborés par un nouvel ingénieur, J. N. Sané. Avec quelques modificiations en ce qui concerne la position des maîtres-couples, le NORTHUMBERLAND sera sa deuxième réalisation.

Avant de relater ses aventures, il faut ici expliquer l'origine de son nom : en 1744, lors de combats navals au large du Portugal, la flotte française va réussir la prise d'un 68 canons britannique : HMS NORTHUMBERLAND (HMS = His Majesty Ship).

 

Comme il est d'usage à cette époque, le NORTUMBERLAND est incorporé dans la Marine Française. En 1781, ce vieux vaisseau, reclassé "Flûte de 26 canons" et disposé à Brest, va faire naufrage au large d'Ouessant . L'on va attribuer son nom ainsi que le symbole de sa figure de proue - un lion non couronné - au nouveau 74 canons qui se construit à Brest. Son nom disparaitra de la Royale en 1794 quand les britanniques le prendront avant de le démonter et d'en dresser les plans.

Le choix de construction de ce modèle  a été fait en raison de la rareté de documents complets existant dans la construction navale de l'époque. La demande des plans dressés en 1796 a été faite auprès de l'Amirauté Britannique. Nous avions donc une base importante (plans des ponts, position des baux et des ouvertures ainsi que les décors : feuillages non détruits en 1789). Par contre, il manque les sculptures du boudin - un effet sans doute relatif aux combats de 1794.

De plus, et là n'est pas le moindre intérêt, ce vaisseau a commencé sa carrière par la guerre d'Amérique, dans la flotte de l'Amiral de Grasse, apportant ici le cachet de l'Histoire.

Les évènements qui ont conduit à la chute de Yorktown sont suffisamment connus pour que l'on s'y étende ici. Malgré tout, il était évident que cet épisode de l'Indépendance des Etats-Unis ouvrait une page victorieuse dans l'histoire de la Marine Royale. Parenthèse qui va se refermer le 13 prairial 1794.

Je renvoie le lecteur aux faits historiques. Rappelons simplement que pour briser le blocus de la Royal Navy -
un convoi de blé arrivant des Etats-Unis - les combats de prairial conduisirent au naufrage de l'ancien MARSEILLOIS, devenu LE VENGEUR DU PEUPLE, et de la prise de six navires dont le NORTHUMBERLAND, ainsi que le premier Sané, l'ANNIBAL, devenu l'ACHILLE. Ces évènements préfiguraient le désastre de 1805.

Le choix du NORTHUMBERLAND en modèle d'arsenal tient compte de ces éléments historiques, mais les plans dressés par l'ingénieur anglais, lors de son démontage (1796) ont facilité la reconstitution.

Cependant, j'accorde encore plus d'importance à la réalisation humaine, le travail des charpentiers de marine du
XVIIIe siècle dont on peut comparer le savoir-faire avec celui des bâtisseurs de cathédrales. C'était là ma motivation
profonde.

Les photos du blog sont montrées suivant l'ordre chronologique de la construction.

 

 

Association des amis du musée national de la marine

 

PIERRE CHARDIN

texte

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